À nos vies imparfaites
Véronique Ovaldé
Littérature
2024
Mon avis
Portraits en succession de personnages qui se répondent. J'ai beaucoup aimé notamment parce que je suis très attachée à la multitudes de points de vues sur une histoire. Ici, on suit un personnage dans une situation précise, où on rencontre des personnages puis un de ces personnage devient le personnage principal de la nouvelle suivante. Plein de vies dans ce qu'elles ont de fragiles.
Finalement tout est plutôt bien résumé dans la deuxième histoire, celle d'Eva, lors de son trajet en bus :
"Elle se détourne comme elle peut peut, le type n'a visiblement pas eu le temps de se doucher ce matin. Elle entend les gens râler, Avancez vers le fond, putain. Elle se dit qu'ils sont tous (elle comprise) des personnages de second plan dans la vie des autres. Des figurants. Comme ceux qui se font assassiner au début du film ou engloutir par la coulée de lave. Mais ils sont le centre de leur propre vie. Leur propre fil à plomb. Et cet agrégat de fils à plomb dans un espace aussi réduit est une aberration. Ça pourrait même devenir explosif. Elle imagine une nuée de phylactères au-dessus de leurs têtes. Chacun dirait, Je suis la personne la plus important de ma vie."
Description
Qu’est-ce qui rassemble cette constellation de personnages qui vont, viennent et se répondent dans ces huit histoires de vies imparfaites ? Une manière de naviguer, sans doute, et de se débrouiller dans l’existence, ce long fleuve parfaitement intranquille. Des vies compliquées parfois par la malchance, celle qui semble poursuivre Auguste ; par le travail, celui qu’Éva a accepté pour mieux s’occuper de son adolescente ingrate ; par la peur, celle de Rachel quand elle découvre un cambrioleur dans son salon ; ou encore par le silence, celui soudain et obstiné de Lili qui avait promis de rester votre amie. Pour ne pas couler, il est préférable d’avoir de l’humour, de parvenir à composer ou à patienter, ou au contraire de savoir trouver au plus vite la sortie. Avec un esprit rieur et corrosif, Véronique Ovaldé cueille une poignée de personnages qui savent combien de courage il faut pour vivre, et les met en scène dans des nouvelles où son art de l’ellipse et de la chute nous ravit.